Par Alain Maurice
L’échoppe est colorée, l’ambiance joyeuse. Un motif bleu et rouge nous plonge dans l’univers du wax, ce tissu incontournable de la mode africaine. Des Togolaises et des Béninoises contrôlaient jadis son commerce. Elles roulaient en Mercedes-Benz, on les appelait les « Nana Benz » ! Bomaye les célèbre. Le sol et les murs ont été habillés (par l’architecte Laura Chavy et le designer Laurent Badier) de piles de tissus. Au plafond, un large miroir les reflète. Les tables, les chaises, la vaisselle renvoient au Pop Art, culture populaire et urbaine, empruntée au quotidien. Une bande son ambiance le service. Des plats traditionnels sont réinventés, capturés dans un bun, ce petit pain rond qui se prête aujourd’hui à toutes les influences. On part à la découverte du burger africain… mitonné par deux street chefs.
Pour se mettre en appétit, quelques klaklos ivoiriens, beignets à base de bananes plantains, oignons, ail et épices, que l’on immerge dans une sauce tomate (8,50 €). Un poulet façon tenders, mariné au lait ribot, est frit dans une panure aux épices (6,50 € ou 12,50 €, suivant la faim), servi avec une mayo. Des afrocini sont inspirés des arancini italiens : croquettes de riz façon thiéboudiène sénégalais (cassé deux fois), au bœuf et au fromage, sauce tfaya (mélange marocain de cumin, curcuma, oignons, raisins secs et cannelle). Tout est fait maison, les sauces, les marinades, la mayo, les épices soigneusement sélectionnées. Dans les verres, un bissap mélange fleur d’hibiscus et d’oranger, menthe, vanille (6 €). Les amateurs de tanin gouteront une jolie sélection de vins… d'Afrique du Sud ; ceux de houblon, des bières aux saveurs inattendues, à l’hibiscus.
Les
burgers sont les rois de la carte, enveloppés un pain (maison) à la farine de banane plantain qui leur permet de bien se tenir jusqu'à la fin de la dégustation. Dur de choisir ! Le « Champion d’Afrique 2022 », steak Black Angus maturé, sauce à base de pâte d’arachide, cheddar infusé au paprika et cacahuètes torréfiées (14,50 €) ? Le « Lion de la Téranga », poulet mariné et pané aux 10 épices, sauce yassa, cheddar infusé au poivre de Penja et mesclun (14,50 €) ? « Babi La Douce » est un garba ivoirien revisité : attiéké (semoule de manioc fermentée), thon façon tataki, mayo épicée (16,50 €). Un allocovor est 100 % végétarien. Tous sont accompagnés, il va de soi, de frites, là encore maison : pommes de terre relevées d’épices, patate douce, alloco de bananes plantains.
Et il y en a encore, des bowls à base de riz (15,50 €), des plats… Une spécialité de Kinshasa a fait une entrée remarquée : le Poulet de Bandal (12,90 €). Il fait référence à un célèbre quartier de la ville, concentré de culture urbaine. Le godro-godro (7 €) est un gâteau traditionnel malgache au lait de coco, cannelle et graines de sésame. Un cookie de la Téranga (5 €) mêle chocolat et arachide. Des boules de glace vanille-hibiscus, enrobées d’une panure à la noix de coco, sont frites. Des glaces frites !
Bomaye
15 rue de Charonne, 75011 Paris
Du lundi au jeudi, de 12h à 15h et de 19h à 23h
Le samedi, de 12h à 23h
Le dimanche, de 12h à 16h et de 19h à 23h.